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Syndrome post-avortement

Mis à jour le 23/07/2025

Temps de lecture estimé à 7 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Une personne parle à un psychologue
Interruptions de grossesse

Sommaire.

  1. Syndrome post-avortement : définition
  2. Les réactions psychiques possibles après un avortement
  3. Les conséquences psychologiques d’une IMG

Si l’on connaît aujourd’hui l’ensemble des risques physiques de l’IVG, la communauté scientifique n’a pas encore répondu à la question des risques psychologiques de l’avortement, et notamment à l’existence ou non du syndrome post-avortement.

Syndrome post-avortement : définition

Le syndrome post-avortement est une théorie selon laquelle l’avortement aurait des conséquences directes sur la santé mentale des femmes qui y ont eu recours. Ce syndrome pourrait entraîner chez une proportion significative de femmes ayant avorté :

  • une perte d’appétit et d’estime de soi ;
  • un sentiment de culpabilité ;
  • une dépression ;
  • un désordre nerveux ;
  • des troubles du sommeil et des cauchemars ;
  • une toxicomanie ;
  • des troubles psychiatriques.
Bon à savoir

Le terme de « syndrome post-avortement » n’apparaît aujourd’hui dans aucun manuel statistique ou diagnostic.

Épidémiologie du syndrome post-avortement

Nous ne citerons que très peu d’éléments de recherche épidémiologique français car ils sont quasi inexistants.

Une étude intitulée « Induced Abortion and Traumatic Stress, A preliminery comparison on American and Russian women », réalisée sur 548 femmes (331 Russes et 217 Américaines) ayant eu recours à un ou plusieurs avortements (mais aucune fausse couche ou enfant mort-né), avance que :

  • 65 % des femmes américaines présenteraient plusieurs symptômes de reviviscence, d’évitement associé au PTSD (post traumatic syndrom disorder) ou stress post-traumatique ;
  • 13,1 % pour les femmes russes ;
  • 64 % des femmes disent avoir subi des pressions pour avorter ;
  • plus de 50 % parlent d’une attitude indécise et précipitée dans leur décision.
Bon à savoir

Source : Institut Européen de Bioéthique, Liste des études scientifiques sur les conséquences psychologiques de l’avortement, mars 2011.

Syndrome post-avortement : une théorie controversée

L’appellation « syndrome post-avortement » n’est pas reconnue par la communauté scientifique qui préfère utiliser les termes d’anxiété, de dépression ou PTSD (post traumatic stress disorder), pour décrire les troubles psychologiques ressentis après un avortement.

Parler et étudier de manière scientifique et objective les conséquences psychologiques de l’avortement n’est pas chose aisée :

  • L’avortement est un sujet encore tabou malgré sa dépénalisation en France depuis la loi Veil de 1975. Évoquer ses conséquences peut sembler être une démarche de remise en cause de cette dépénalisation.
  • L’existence de ce syndrome est un argument utilisé par les « pro-vie », mais il n’est pas étayé par un nombre suffisant d’études fiables prouvant son existence.
  • Les scientifiques qui contestent l’existence de ce syndrome n’apportent pas non plus d’études suffisantes pour réfuter cette hypothèse.
  • Enfin, établir scientifiquement un lien de causalité entre un événement et un trouble post-traumatique est extrêmement difficile d’un point de vue méthodologique.

Pourtant, répondre à cette question de manière scientifique serait indispensable car, selon l’INED (Institut national d’études démographiques), 40 % des femmes françaises auront recours à l’avortement au cours de leur vie (rapporté au nombre de femmes en âge de procréer – entre 15 et 49 ans – le taux de recours à l’IVG était de 15,5 ‰ en 2021).

On trouvera ici une revue complète des recherches scientifiques à travers le monde sur l’existence ou non du syndrome post-abortif : Analyses et publications scientifiques sur le post-avortement.

Les réactions psychiques possibles après un avortement

Si aucune étude scientifique ne fait état de conséquences psychologiques directes liées à l’avortement, des témoignages font état de différentes réactions d’ordre post-traumatique qui peuvent survenir immédiatement après l’intervention, ou quelques années plus tard lors d’un événement marquant comme une nouvelle grossesse, un deuil, une maladie, etc.

En général, il n’y aura pas de conséquence psychologique à un avortement si les conditions suivantes sont remplies :

  • Un temps de réflexion a été respecté.
  • La femme a eu accès à toutes les informations dont elle avait besoin (auprès de son gynécologue, d’un planning familial, etc.).
  • L’avortement n’a pas été réalisé sous la pression.
  • L’entourage est présent et soutient la femme dans sa démarche, sans culpabilisation ni jugement.
  • L’avortement a été réalisé par des professionnels de santé dans des conditions d’hygiène médicale optimales.

Soulagement

Il faut savoir que la plupart des grossesses non désirées ont lieu sous méthode contraceptive. En effet, même si 82 % des Françaises utilisent un moyen de contraception, un oubli, une mauvaise utilisation de celui-ci et la marge d’inefficacité du traitement conduisent parfois à une grossesse non désirée.

Dans ce cas, la première réaction après l’IVG est souvent le soulagement.

Déni

Le déni est une autre réaction courante post-avortement qui peut perdurer longtemps après l’intervention. Plus que de déni, on peut parler de refoulement : la femme cherche à oublier ce qu’elle vient de vivre.

Cette réaction est bien souvent conséquente à un avortement forcé ou réalisé dans des conditions traumatisantes.

Colère

La colère est un sentiment qui apparaît souvent après une première phase de déni.

  • Ce sentiment est quasi inexistant dans le cas d’une IVG, sauf si celle-ci a été réalisée sous la contrainte.
  • Cependant, ce peut être un sentiment plus fréquent dans le cas d’une IMG : l’enfant était désiré, mais pour des raisons médicales, la femme a choisi de mettre fin à la grossesse.

Doute

Selon une étude allemande menée en 1989, 24 % des femmes ont parfois des doutes quant à la justesse de leur décision, 5 % en ont souvent.

Attention, si le délai de réflexion est respecté et que la femme prend librement et consciemment sa décision, le sentiment de doute se fera beaucoup moins ressentir.

Bon à savoir

Source : B. Holzauer, « Schwangerschaft und Schwangerschaftsabbruch ».

Culpabilité

La culpabilité peut être présente dans le cas d’un échec ou d’une interruption médicale de grossesse. Encore une fois, dans le cas d’une IVG, si la décision a été mûrement réfléchie et qu’aucune pression sociale n’est exercée sur elle, la femme ne ressentira généralement pas de culpabilité.

Dépression et anxiété

L’avortement peut provoquer des périodes de dépression plus ou moins longues durant lesquelles la douleur peut se fixer et devenir chronique. L’angoisse peut se manifester par :

  • la boulimie ou l’anorexie ;
  • des réactions psychosomatiques comme les maux de ventre, la dysménorrhée (problèmes de règles), des céphalées, etc.

Certains épisodes de la vie d’une femme sont susceptibles de voir resurgir la souffrance liée à l’avortement : date à laquelle celui-ci aurait dû naître, date anniversaire de l’avortement, nouvelle grossesse, etc. Ces épisodes peuvent être propices à des reviviscences vécues sous forme de crises d’angoisse.

Bon à savoir

Sources :Institut Européen de Bioéthique, Les conséquences psychologiques de l’avortement, mars 2011, et Stéphane Clerget, Quel âge aurait-il aujourd’hui, Paris, Fayard, 2007

Tant qu'on en parle
Dépression

Les conséquences psychologiques d’une IMG

Il est important de différencier les conséquences psychologiques de l’IVG et celles de l’IMG. En effet, si les conséquences d’une IVG restent à prouver, on sait que l’interruption médicale de grossesse peut être difficile à vivre pour une femme. Un suivi psychologique lui sera d’ailleurs systématiquement proposé.

On parle d’IMG dans les cas suivants :

  • la grossesse est interrompue en raison de malformations, d’anomalies du fœtus très graves ou incompatibles avec la vie, ou si la vie de la mère est en danger ;
  • une fausse couche ;
  • une mort in utero.

Dans tous ces cas où l’enfant était voulu et attendu, la décision, même raisonnable et réfléchie, peut laisser des séquelles psychologiques, comme :

  • une certaine colère ;
  • un sentiment de culpabilité ;
  • un état dépressif.

De son côté, une étude menée par des chercheurs de l’Imperial College London (Royaume-Uni) et de l’université KU Leuven (Belgique) auprès de 650 femmes dont la grossesse s’est interrompue prématurément (fausse couche survenue au cours du premier trimestre de la grossesse ou grossesse extra-utérine) indique que 29 % des femmes ayant vécu une fausse couche souffrent de stress post-traumatique. Cela se traduit par des symptômes significatifs, typiques du stress post-traumatiques : plaintes de pensées intrusives, sentiment de détresse profonde, impression de revivre la scène dans leurs cauchemars ou au cours de flash-back, comportements d’évitement par rapport à tout ce qui peut rappeler la grossesse.

De même, un mois après la perte de grossesse, un quart de ces femmes présentait de l’anxiété et une sur 10 souffrait de dépression. Neuf mois plus tard, 18 % des femmes exprimaient toujours des symptômes de stress-post-traumatique, 17 % de l’anxiété et 6 % une dépression.

Il est indispensable de se faire aider par un psychiatre ou un psychologue dès que l’IMG a eu lieu, avant même l’apparition de ces symptômes.

Bon à savoir

: Les IMG comme les IVG constituent des facteurs de risque importants de dépression post-partum, ce qui justifie d’autant plus une prise en charge (essentiellement sous forme de thérapies cognitivo-comportementales et interpersonnelles) dès qu’une nouvelle grossesse débute.

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